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Xavier Legrand, réalisateur du film Jusqu'à la garde, ayant reçu le César 2019 du Meilleur Film, est l’Invité d’Honneur de cette édition. Il rencontrera à cette occasion l’ensemble des réalisateurs de la promotion Nuits en Or 2019.

 

 

 

© Jade Annest, Violette Franchi, Anna Verstratete - ENS Louis Lumière pour l’Académie des César 2019

 

 

Certains festivals qui mettent à l’honneur le court métrage ont parfois le malin plaisir de s’adonner aux jeux de mots pour titrer leurs événements : Courts d’un soir, Longue vue sur le Court, Faites des Courts, Un Poing c’est Court... Un peu comme les salons de coiffures s’amusent avec leurs Mo’Tifs, Adult’Hair ou encore Coiff’ & Moi.

Passée la blague, le format court est beaucoup plus sérieux et exigeant qu’on ne le pense. On considère généralement le court métrage comme un coup d’essai, un format qui permet de faire ses preuves. C’est vrai qu’il permet cela, mais c’est réducteur de ne l’envisager que comme une première tentative. Une histoire courte ne doit pas non plus être le résumé d’une future plus longue. Un court métrage ne peut pas être la synthèse d’un prochain film plus long. Un court métrage est un film en soi et la nécessité du temps de son histoire doit être au centre de la conception de celui-ci. Les meilleurs courts métrages sont ceux qui se sont contentés amplement de cette contrainte. 

J’ai écrit mon premier scénario, le court métrage Avant que de tout perdre, avec cette perspective. Je ne voulais pas m’enfermer dans le coup d’essai du débutant ou bien proposer un extrait de mon futur long métrage Jusqu’à la garde. Je n’avais tout simplement qu’à construire le concept du film en puisant dans l’essence même de son histoire : la cavale d’une femme et de ses deux enfants qui fuient la terreur et la violence du domicile familial. Fuir le plus vite possible voulait dire ne pas perdre de temps dans le récit tout en prenant tout mon temps pour l’incarner. Il s’agissait d’apprivoiser le temps plutôt que de l’affronter, tout en me défiant d’inscrire cette histoire courte dans une histoire à long terme. 

Le court métrage est une œuvre, et il n’y a pas de petites histoires dans le grand cinéma : une petite histoire par sa durée est aussi une grande histoire dans son Temps. Continuons alors à fêter le cinéma, qu’il soit court ou long, du moment qu’il est grand, beau et bon.

 

 

Xavier Legrand